Essai Renault Espace 5 Initiale Paris : que vaut le roi des monospaces ?

Renault Espace 5 Initiale Paris

Essai réalisé le 21/08/2019

Modèle essayé :

Espace V Initiale Paris Tce 225, boite EDC, 3500 km, MEC 01/2019

Durée et conditions de l’essai :

Prêt pour une soirée sur parcours urbain et extra-urbain dont mon trajet bien connu domicile-travail

Introduction

Le Renault Espace 5 est arrivé sur le marché début 2015 et a troqué son habit de pur monospace pour un style se rapprochant du SUV. Sur un plan purement esthétique il faut reconnaître que c’est une réussite. Il respire la solidité et donne envie de voyager à son bord sur de longues distances. Cela tombe bien car il est fait pour ça !

Le modèle dont je vais parler ici est un Espace 5 essence de 225 ch en finition Initiale Paris soit le haut de gamme de l’Espace, mais aussi de Renault. Il dispose en option de 7 places et du toit ouvrant vitré panoramique occulté par un vélum électrique.

A conduire

L’image qui me vient immédiatement à la conduite de cet Espace, c’est un pachyderme en ballerines. En effet son châssis nommé 4 Control (en série sur Initiale) dispose de roues arrière directrices qui permettent une agilité extrêmement surprenante. Ça enroule les virages comme qui rigole. A aucun moment on a l’impression d’être au volant d’un véhicule proche des 5m de long.

Le moteur et ses 225 ch sont totalement adaptés à cet engin. Mu ainsi l’Espace procure un bel agrément sans pour autant être un véhicule sportif. J’avais essayé un dCi 160 il y a quelques mois qui m’avait laissé un goût de trop peu. Le meilleur compromis pourrait être le dCi 200 mais que je n’ai (pas encore ?) essayé. Ajoutez à ceci la suspension adaptative (aussi en série sur Initiale) et vous obtenez un monospace performant, vif, confortable et peu sujet au roulis. Bravo Renault !

En revanche étant adapte des suspensions un peu « chamallow », je n’ai pas retrouvé la même qualité de filtration que sur le dCi 160 Intens (avec 4 Control). J’ai lu il y a peu que Renault avait raffermi le mode Confort sur les modèles 2019 pour le rapprocher du mode Neutral suite à des retours de clients qui trouvaient que l’Espace en mode Confort présentait trop d’oscillations désagréables. Ceci explique peut-être celà.

Finition

Cette finition Initiale apporte son lot de détails qui marquent une réelle différence avec les finitions inférieures.

Le soin porté à l’habitacle saute aux yeux dès l’ouverture de la portière. Tout d’abord on trouve une superbe sellerie en cuir Nappa (en dégradé du marron au blanc sur ce modèle) très agréable à l’oeil comme au toucher. Je n’ai pas souvenir d’avoir pu essayer un véhicule disposant d’un telle qualité de sellerie. N’étant pas du tout fan du cuir il faut reconnaître que l’on s’y sent bien. Les fauteuils proposent juste ce qu’il faut de moelleux, de fermeté et de soutien pour les apprécier sur les courts comme les longs trajets. Vous trouvez le cuir froid ? Enclenchez le chauffage des sièges. Trop chaud ? Actionnez leur ventilation ! Il disposent également de tous les réglages électriques, dont un soutien lombaire gonflable, ainsi que d’une fonction de massage, et d’une longueur d’assise ajustable. Du full option en quelque sorte.

Les 3 sièges du 2d rang sont de même largeur, indépendants et coulissants, et revêtus du même cuir. Leur confort est là aussi très bon mais se passent évidemment des réglages électriques. La fonction chauffante est en revanche disponible en option. Quant à ceux du 3ème rang, n’en attendez pas la même attention : ce sont des strapontins qui ne dégagent qu’une faible longueur aux jambes. Eux sont habillés de similicuir.

On continue sur le détail de l’habitacle en remarquant que le haut des contre-portes est en plastique moussé surpiqué pour accentuer l’aspect haut-de-gamme et ce à l’avant comme aux places l’arrière. Ce surpiquage prolonge celui de la planche de bord moussée à cœur pour un résultat très réussi. L’accoudoir central non réglable est lui aussi en cuir (ou similicuir, désolé j’ai été incapable de faire la différence 😉 ) et ferme un grand rangement moquetté en son fond.

Pour le détail des finitions :

  • la planche de bord est rembourrée à coeur et surpiquée (sauf les parties en pied de pare-brise et sur la base des fenestrons qui sont en plastique dur),
  • les 2 montants A (ceux de pare-brise) sont revêtus du même tissu
    qualitatif que celui du ciel de toit (la fine couche de mousse en moins),
  • le haut des contre-portes avant et arrière reçoit un plastique moussé dont la surpiqûre prolonge celle de la planche de bord à l’avant,
  • les accoudoirs de porte sont en cuir (ou simili-cuir ?) surpiqué et bien rembourrés, et se prolongent par une partie en plastique marron brillante. Le tout présente un bel aspect.
  • les médaillons de contre-porte sont en cuir (ou simili-cuir ?) surpiqué blanc et perforé à l’avant comme à l’arrière,
  • des bacs de portière floqués, détail propre à l’Initiale Paris,
  • de superbes sièges avant et au rang 2 en cuir Nappa comme décrit plus tôt,
  • les accoudoirs du rang 3 disposent d’un rembourrage et d’un revêtement en similicuir surpiqué très agréable (ici aussi détail propre à l’Initiale Paris, ils sont en plastique dur sur les autres finitions),
  • une boite à gant, coulissante et à l’ouverture tactile, dont les parois sont floquées et possédant un bac en plastique souple,
  • un volant revêtu d’un cuir fin de belle facture,
  • pas de tôle apparente sur les portières et leur montants (enjoliveurs d’encadrement en plastique),
  • une belle qualité de moquette au niveau du coffre.

En revanche les parties suivantes sont moins bien traitées :

  • le bas de la planche de bord et des contre-portes sont en plastique dur, ce dernier présentant cependant un grain agréable et peu brillant (on en attend cependant plus d’un véhicule de cette gamme),
  • des sièges en rang 3 sont en similicuir et non en cuir Nappa,
  • des montants centraux et arrières sont en plastique imitant la trame du tissu du ciel de toit. Un simple Scénic 2 de 2003 était plus généreux à ce niveau.
  • une découpe de moquette très courte au niveau de la cave de pieds côté passager avant (j’y reviendrai)

Globalement l’exécution est satisfaisante et n’appelle pas la critique hormis quelques détails. Reste que l’on se doit d’être très exigeant sur un véhicule qui se veut le plus haut de gamme du Losange, et à un tarif pouvant dépasser les 50.000€.

Mais le détail m’ayant le plus choqué concerne la découpe de la moquette au niveau du passager. C’est simple, elle se termine à quelques centimètres à l’avant du surtapis et laisse apparaître une sorte de mousse ! C’est totalement incompréhensible et pingre s’il s’avère qu’il s’agit d’un choix délibéré et non une anomalie de production du véhicule essayé. D’ailleurs comment une chose pareille peut-elle passer les contrôles qualité sur un véhicule ayant fait l’objet d’un audit de Daimler et Infiniti  !? Ou bien d’une intervention ayant nécessité la dépose d’une partie de la moquette et « oublié » au remontage ? Je ne saurais le dire.

Si des propriétaires d’Espace 5 passent par ici et on constaté la même chose sur leur véhicule, merci de l’indiquer en commentaire 😉 .

Conclusion

Renault a su renouveler l’Espace pour éviter sa mort. Il a quelque peu perdu de la convivialité et de la modularité de ses prédécesseurs mais a gagné en comportement routier et reste la référence des monospaces. Tout n’est cependant pas parfait et on regrette quelques pingreries sur un véhicule qui se veut le fleuron de notre industrie automobile, ainsi qu’une image de fiabilité désastreuse qui gâche un tableau qui aurait pu être idyllique. Gageons que la phase 2 qui arrivera en concessions en début d’année 2020, en l’espérant débarrassée de ses problèmes de fiabilité, redore son image.

Car cet Espace le mérite amplement.

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